samedi 12 septembre 2026

 Jason Lapointe

 Nous sommes des ponts vivants, témoins d'une époque qui n'existe plus.
On nous appelle souvent « les personnes âgées ».

Mais derrière cette expression discrète se cache une vérité à laquelle peu de gens prennent le temps de réfléchir :
nous sommes les derniers témoins vivants d’un monde qui n’existe plus.
Si vous nous regardez attentivement, vous remarquerez peut-être des cheveux gris, des pas plus lents ou cette patience tranquille que seul le temps peut enseigner.
Mais si vous prenez réellement le temps d’écouter nos histoires, vous découvrirez quelque chose de bien plus extraordinaire.
Nous ne sommes pas simplement des personnes âgées qui traversent les derniers chapitres de leur vie.
Nous sommes les survivants de l’une des transformations les plus spectaculaires de l’histoire humaine : une génération qui est passée du rythme lent et réfléchi d’un monde analogique à la vitesse vertigineuse du monde numérique, sans pour autant perdre son humanité en chemin.
Notre voyage a commencé dans un monde très différent.
Beaucoup d’entre nous sont nés dans les années 1940, 1950 ou au début des années 1960, alors que les cicatrices de la Seconde Guerre mondiale étaient encore visibles en Europe et en Asie et que le monde réapprenait lentement à espérer.
Les villes se relevaient de leurs ruines.
Les familles reconstruisaient leur vie après des années d’incertitude.
Et notre enfance s’est déroulée d’une manière qui semblerait presque méconnaissable aux jeunes générations d’aujourd’hui.
Nos jouets étaient simples.
Des billes dans les cours poussiéreuses.
Des marelles dessinées sur les trottoirs fissurés.
Des parties de dames ou de cartes autour de la table de cuisine pendant que l’odeur du souper remplissait la maison.
Lorsque les lampadaires s’allumaient le soir, c’était le signal universel :
les aventures de la journée étaient terminées.
Il fallait rentrer à la maison.
Il n’y avait ni téléphones intelligents, ni vidéos en continu, ni défilement infini de distractions numériques.
Nos souvenirs se construisaient dans le monde réel.
Avec des genoux écorchés.
Des éclats de rire résonnant dans les rues du quartier.
Et des amitiés qui naissaient face à face, sans écran entre nous.
La musique est devenue l’une des grandes bandes sonores de notre jeunesse.
Les années 1960 et 1970 sont arrivées comme une vague de couleurs et de rébellion.
Nous avons vu la culture changer autour de nous, portée par les guitares électriques et par des voix qui osaient remettre le monde en question.
Pour beaucoup d’entre nous, des rassemblements comme le légendaire festival de Woodstock de 1969 symbolisaient quelque chose de puissant :
la conviction que la paix, la musique et la communauté pouvaient contribuer à transformer l’avenir.
Des centaines de milliers de jeunes se sont retrouvés dans des champs boueux, écoutant des artistes déverser leurs émotions à travers d’immenses systèmes de sonorisation.
Ces concerts n’étaient pas seulement des divertissements.
C’étaient des moments où des inconnus avaient l’impression d’appartenir à une seule génération, chantant le même espoir sous un ciel ouvert.
L’éducation aussi était différente.
Nos cahiers étaient remplis de notes écrites à la main, soigneusement copiées depuis le tableau.
Faire une recherche demandait de la patience.
Il fallait passer de longues heures dans les bibliothèques et consulter des piles de livres lourds plutôt que de lancer une recherche sur Internet.
Nous avons appris à ralentir et à réfléchir aux idées parce que l’information n’arrivait pas instantanément.
Les erreurs s’effaçaient avec une gomme ou se corrigeaient à l’encre.
Pas avec un simple clic sur « supprimer ».
L’amour avait lui aussi un autre rythme.
Nous sommes tombés amoureux pendant que des vinyles tournaient sur des platines et que des cassettes cliquetaient doucement dans leurs lecteurs.
La musique accompagnait les premières danses, les longues conversations et les rêves d’avenir.
Ces histoires sont devenues des mariages, des familles et des vies construites étape par étape pendant les années 1980 et 1990, au moment même où la technologie commençait à remodeler notre monde.
Mais rien ne ressemble vraiment au pont que notre génération a traversé.
Nous avons connu une enfance entièrement analogique avant d’entrer dans un âge adulte devenu profondément numérique.
Nous nous souvenons d’avoir attendu plusieurs jours — parfois plusieurs semaines — qu’une lettre écrite à la main arrive par la poste.
Nous nous souvenons des téléphones à cadran et même, pour certains, des lignes téléphoniques partagées où un voisin pouvait accidentellement entendre une conversation.
Communiquer demandait de la patience.
Et créait de l’attente.
Aujourd’hui, nous pouvons voir instantanément le visage d’une personne que nous aimons à l’autre bout de la planète, sur un écran assez petit pour tenir dans notre poche.
Le monde a changé d’une manière que peu d’entre nous auraient pu imaginer.
Nous avons vu l’humanité marcher sur la Lune en 1969.
Des millions de personnes étaient assises dans leur salon devant un téléviseur noir et blanc lorsque Neil Armstrong a posé le pied sur un autre monde.
Puis nous avons vu apparaître les ordinateurs personnels.
La naissance d’Internet.
Et finalement les téléphones intelligents, capables de placer des bibliothèques entières de connaissances entre nos mains.
Des machines qui occupaient autrefois des pièces entières tiennent maintenant dans des appareils plus légers qu’un livre.
Nous sommes passés des cartes perforées et des outils mécaniques à l’intelligence artificielle et aux réseaux mondiaux reliant instantanément des milliards d’êtres humains.
Et à chaque transformation…
nous nous sommes adaptés.
Nos corps portent eux aussi les traces des époques que nous avons traversées.
Nous avons grandi à une époque où la poliomyélite et la tuberculose faisaient peur à des communautés entières, avant que les progrès de la vaccination et de la médecine permettent de mieux les contrôler dans de nombreuses régions du monde.
Au fil des décennies, nous avons traversé différentes crises sanitaires et pandémies.
Puis est arrivée la COVID-19, avec son silence, son incertitude et ce rappel brutal :
chaque génération doit, elle aussi, apprendre la résilience.
La science elle-même s’est transformée sous nos yeux.
Nous avons vécu à l’époque où la structure de l’ADN a été décrite en 1953.
Puis est venu le séquençage du génome humain au tournant du siècle.
Et ensuite les premiers développements de la thérapie génique et d’une médecine toujours plus avancée.
Les transports ont également changé.
Nous sommes passés d’un monde encore profondément marqué par les bicyclettes, les trains et les moteurs mécaniques à celui des véhicules hybrides et des voitures électriques qui circulent presque silencieusement dans nos villes.
Peu de générations ont assisté à autant de changements.
Et pourtant, malgré tout ce qui s’est transformé autour de nous, certaines choses sont demeurées les mêmes.
Nous connaissons encore le plaisir d’une bouteille de limonade bien froide lors d’un après-midi brûlant.
Nous nous souvenons encore du goût des légumes cueillis directement dans le jardin.
Nous connaissons toujours la valeur d’une longue conversation qui se déroule lentement, sans clavier ni écran pour venir l’interrompre.
Nos souvenirs s’étendent sur plusieurs décennies.
Nous avons célébré des naissances.
Pleuré des disparitions.
Regardé des amis partir.
Et continué à porter leurs histoires avec nous.
Ceux d’entre nous qui sont toujours là partagent quelque chose de rare :
l’expérience d’avoir vécu à un véritable carrefour de l’histoire, avec en mémoire un monde que les générations plus jeunes ne connaissent désormais qu’à travers des photographies et des récits.
Mais nous ne sommes pas des reliques.
Nous sommes des ponts vivants.
Notre regard rappelle au monde moderne que le progrès n’est pas obligé d’effacer la sagesse.
Que la vitesse de la technologie n’a pas besoin de remplacer la patience, la gentillesse ou la réflexion.
Nous nous souvenons de ce que la vie était avant que tout devienne si rapide.
Et cette mémoire contient encore des leçons qui méritent d’être transmises.
Alors, lorsqu’on nous appelle « les personnes âgées », nous pouvons sourire.
Parce que derrière ces mots se cache quelque chose d’extraordinaire.
Nous sommes une génération qui a traversé deux siècles, assisté à des décennies de transformations et marché depuis l’époque des lettres écrites à la main jusqu’à celle de l’intelligence artificielle.
Quelle vie nous avons vécue.
Quelle histoire extraordinaire nous continuons de porter.
Et si vous appartenez à cette génération, prenez un instant aujourd’hui pour vous regarder dans le miroir et reconnaître quelque chose de puissant.
Vous ne faites pas simplement que vieillir.
Vous êtes une mémoire vivante de l’Histoire.
Vous appartenez à une génération qui restera unique.
Et peut-être que, de la manière la plus silencieuse et la plus profonde qui soit…
vous êtes en train de devenir légendaires.

mercredi 9 septembre 2026

 SORTILEGES


Les Sortilèges de la Lune

Envoient Danser sur nos Chemins

De trop brèves Gloires inopportunes

Luisant d'argent sur nos Destins


Combien d'Offrandes et de Prières

Dérisoires Catalyseurs

Faudra-t-il encore pour qu'Hier

Devienne un Futur Antérieur


Enfance et Grand Age en Manège

Que dire du Défi de nos Vies

Errant en Pleurs, Mourant d'Ennui

Sacrifiant à ces Sortilèges



 ENVOL                               poème septembre 2026


J'aurais voulu être un oiseau

Un rapace aux ailes déployées

Tournoyant au delà des mots

Dans un espace d'Eternité


Une colombe libérée

Des turpitudes de la Terre

Triste Planète Bleue qui s'affaire

A se détruire et tout briser


J'aurais voulu être un oiseau

Un Messager des Ames Claires

Et m'envoler dans la Lumière

Loin de ce Monde sans Berceaux




dimanche 16 août 2026

lundi 15 juin 2026

vendredi 22 mai 2026

samedi 16 mai 2026

vendredi 15 mai 2026

vendredi 1 mai 2026

 



LE TEMPS semble être la base de tout.
Il structure les événements, les causes, les changements.
Et pourtant…
Dans certaines approches de la physique fondamentale, le temps n’apparaît plus dans les équations.
C’est le cas de l’équation de Wheeler-DeWitt, qui décrit l’Univers sans faire intervenir le temps.
Cela suggère une idée dérangeante : le temps ne serait peut-être pas fondamental.
Il pourrait émerger à partir des relations entre les choses, plutôt que d’exister en tant que dimension de base. ⏳
Sources
Travaux en gravité quantique
Bryce DeWitt, John Wheeler
Recherches contemporaines en physique théorique
Publications sur l’émergence du temps

mercredi 29 avril 2026

dimanche 26 avril 2026

vendredi 24 avril 2026

jeudi 23 avril 2026

 

 

KOMOREBI : ce mot japonais désigne la lumière du soleil filtrant à travers les feuilles des arbres.
Le terme traduit une idée essentielle de la culture japonaise : l’attention portée à la beauté éphémère des choses, un équilibre fragile qui fait naître des émotions.
Le réconfort que nous éprouvons en marchant dans ces cathédrales de verdure que sont les forêts au printemps vient sans doute du komorebi.

Et c’est encore plus fort si on prend le temps de s’arrêter pour admirer et ressentir.

mardi 21 avril 2026

 


 

Singurătate
lacrima lunii pe cer-
Se sting visele.
Solitude
la larme de la lune dans le ciel-
Les rêves sont éteints.

mardi 7 avril 2026

vendredi 27 mars 2026

mardi 24 mars 2026

 LES YEUX CLOS                                    poème


Les yeux clos dans le Noir

Grands ouverts sur le Vide

Le Silence

Lister les Interdits

Abolir l'à venir

Désintégrer le Rêve qui nous portait jadis

Supplier

Résister

Croire entendre Chanter

Tenir en laisse les Souvenirs

Lutter

Effacer les Regrets les Remords

Eloigner les Chagrins

Endiguer la Marée des Merveilles brisées par le Flot de l'Absence

Crever de Solitude

Espérer la lumière du Jour la Fuir

Abroger les Traités

Souhaiter l'Echéance

Révoquer tout désir

N'aspirer qu'à redevenir

Ce que nous sommes 

Poussière d'Etoiles

 

La Nuit

Cet Autre Monde


HND mars 2026



 






jeudi 12 mars 2026

samedi 7 mars 2026

 

Eugene Grasset “Calendrier la Belle Jardiniere “ Paris 1896

dimanche 1 mars 2026

lundi 23 février 2026


 TRANSE

Prisonnier du poids de ton corps

Pourras-tu à raison ou tort

Eloigner de toi le chagrin

Qui t'accable aux coups du destin


Sauras-tu étouffer en toi

L'enfant qui descend au jardin

A l'aurore de chaque matin

Sans regrets et sans foi ni loi


Chaque nuit tu revois encore

Leurs sourires et leurs espérances

Et tu pleures suppliant la Mort

De te libérer de l'Enfance

mercredi 18 février 2026

 

Bertha Wegmann (Danish, 1847–1926)

Roses in a glass vase, 1906

 

Gustav Klimt

lundi 16 février 2026

 

"What if you slept?
And what if in your sleep,
you went to Heaven
and there plucked a strange
and beautiful flower?
And what if, when you awoke,
you had the flower in your hand?
Ah, what then ?"
Samuel Taylor Coleridge
Artist: Ed Perkins


jeudi 5 février 2026

 La Mère Universelle dans la Mythologie Celte :Traditions Irlandaise, Galloise, Gauloise et Bretonne


Dans le panthéon celtique, la figure de la Mère Universelle occupe une place centrale, incarnant la fertilité, la terre, la protection et la régénération. Cette déesse, souvent associée à la nature, aux cycles de la vie et à la souveraineté, se décline sous des formes variées selon les régions et les traditions. En Irlande, au Pays de Galles, en Gaule et en Bretagne, elle prend des noms et des attributs distincts, reflétant la diversité culturelle et spirituelle des peuples celtes. Bien que partageant des traits communs, chaque tradition lui confère une identité unique, ancrée dans les paysages, les légendes et les croyances locales.

1. La Mère Universelle en Irlande : Danu et Ana
En Irlande, la Mère Universelle est principalement associée à Danu (ou Anu), figure majeure des Tuatha Dé Danann, le peuple mythique des dieux irlandais. Danu est souvent considérée comme la mère des dieux, une déesse primordiale liée à la terre, aux rivières et à la prospérité. Son nom, qui signifie « la fertile » ou « celle qui donne », évoque son rôle de nourricière et de protectrice. Elle est également associée à la déesse Ana (ou Anann), dont le nom est à l’origine des collines de Kerry, les Da Chích Anann (« les deux mamelles d’Ana »), symbolisant les seins nourriciers de la Terre-Mère.
Dans les textes médiévaux irlandais, Danu apparaît rarement de manière directe, mais son influence est omniprésente. Elle incarne la souveraineté de l’Irlande, un concept clé dans la mythologie celtique irlandaise : la terre elle-même est une déesse qui choisit ses rois et leur accorde sa bénédiction. Les fêtes agraires, comme Imbolc (fête de la purification et de la renaissance) et Beltaine (fête de la fertilité), célèbrent cette connexion entre la déesse, la terre et le peuple.
Danu est aussi liée à la triplicité, un motif récurrent dans la mythologie irlandaise. Elle est parfois représentée sous la forme de trois sœurs ou de trois aspects d’une même entité, reflétant les cycles de la vie, de la mort et de la renaissance. Les Irlandais voyaient en elle une force à la fois maternelle et guerrière, capable de protéger son peuple tout en assurant l’abondance des récoltes.
2. La Tradition Galloise : Modron et la Mère des Héros
Au Pays de Galles, la Mère Universelle prend le visage de Modron, dont le nom signifie « mère » en gallois. Elle est souvent associée à Mabon, son fils, dont l’enlèvement et la libération symbolisent le renouveau et la lumière. Modron est une figure de protection et de sagesse, liée aux sources et aux rivières, comme la déesse Matrona, vénérée en Gaule romaine.
Dans les Mabinogion, recueil de contes médiévaux gallois, Modron apparaît comme une figure à la fois terrestre et autreworldly (liée à l’Autre Monde). Elle est parfois confondue avec Rhiannon, une autre déesse galloise associée aux chevaux, à la souveraineté et à la magie. Rhiannon, dont le nom signifie « grande reine », incarne la justice et la générosité, et son histoire rappelle celle des déesses-mères qui testent les héros avant de leur accorder leur grâce.
Modron est aussi liée aux fées et aux esprits de la nature, soulignant son rôle de médiatrice entre les humains et le monde invisible. Les Gallois la vénéraient comme une protectrice des familles et des clans, et son culte était souvent associé à des lieux sacrés, comme les sources ou les collines.
3. La Gaule : Epona, Matres et Matrona
En Gaule, la Mère Universelle se manifeste à travers plusieurs figures, dont Epona, déesse des chevaux, de la fertilité et de la protection. Bien qu’Epona soit surtout connue comme une déesse équestre, son culte était étroitement lié à la prospérité et à la régénération. Les Gaulois lui offraient des ex-voto représentant des chevaux et des cornes d’abondance, symboles de sa générosité.
Les Matres (ou « Mères ») sont une autre expression de la Mère Universelle en Gaule. Ces déesses, souvent représentées en triade, étaient vénérées comme protectrices des foyers, des naissances et des récoltes. Leur culte, répandu dans toute la Gaule romaine, montre l’importance de la fertilité et de la protection maternelle dans la société gauloise. Les inscriptions et les statues des Matres les montrent assises, tenant des fruits, des enfants ou des cornes d’abondance, soulignant leur rôle de pourvoyeuses de vie.
Matrona, dont le nom signifie « mère », était également vénérée comme une déesse des rivières, notamment la Marne. Son culte illustre le lien entre l’eau, la fertilité et la purification, des thèmes centraux dans la spiritualité gauloise. Les Gaulois voyaient en elle une force à la fois nourricière et purificatrice, essentielle à l’équilibre du monde.
4. La Bretagne : La Vierge Noire et les Dames Blanches
En Bretagne, la Mère Universelle prend des formes plus syncrétiques, mêlant traditions celtiques et christianisme. Les Vierges Noires, comme celle de Notre-Dame de Roncier ou de Notre-Dame du Folgoët, sont souvent interprétées comme des héritières des déesses-mères celtiques. Leur couleur sombre évoque la terre fertile, et leur culte est associé à des sources et des mégalithes, lieux sacrés depuis l’époque préchrétienne.
Les Dames Blanches, figures légendaires des forêts et des fontaines, sont une autre manifestation de la Mère Universelle en Bretagne. Ces esprits féminins, parfois bienveillants, parfois redoutables, incarnent la dualité de la nature : elles peuvent guérir ou punir, selon le respect qu’on leur témoigne. Leur lien avec l’eau et les lieux sauvages rappelle le rôle des déesses celtiques comme gardiennes des cycles naturels.
La Bretagne a aussi conservé des légendes autour de Ahès, reine mythique de la ville d’Ys, dont l’histoire évoque les thèmes de la souveraineté et de la chute, liés à la relation entre les humains et la terre. Ahès, comme Danu ou Modron, représente une figure de pouvoir féminin, à la fois créatrice et destructrice.
5. Points Communs et Différences
Malgré leurs noms et leurs attributs variés, les figures de la Mère Universelle dans les traditions celtiques partagent des traits communs :
Lien avec la terre et l’eau : sources, rivières, collines et forêts sont des lieux sacrés associés à ces déesses.
Rôle de protectrice : elles veillent sur les clans, les récoltes et les héros.
Triplicité : nombreuses sont les déesses représentées en triade, symbolisant les cycles de la vie.
Souveraineté : elles incarnent le pouvoir sacré de la terre, qui légitime les rois et les chefs.
Cependant, chaque tradition met l’accent sur des aspects différents :
Irlande : Danu est avant tout une déesse de la souveraineté et de la guerre.
Pays de Galles : Modron et Rhiannon sont liées à la magie et à l’Autre Monde.
Gaule : Epona et les Matres sont associées à la fertilité et à la protection domestique.
Bretagne : les Vierges Noires et les Dames Blanches mêlent héritage païen et christianisme.
Conclusion
La Mère Universelle celtique, qu’elle s’appelle Danu, Modron, Epona ou Matrona, incarne une vision du monde où la nature, la spiritualité et la société sont intimement liées. Son culte reflète la profondeur de la relation entre les Celtes et leur environnement, ainsi que leur respect pour les forces féminines de création et de protection. Aujourd’hui encore, ces figures mythologiques inspirent les artistes, les écrivains et les chercheurs, témoignant de la richesse et de la pérennité de la tradition celtique.
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