mardi 24 février 2009

Epitaphe pour une jeune fille morte


L'amour horizontal éclaire le couchant
Les cerisiers en fleurs ont le mal de la terre
Ils pleureront bientôt leurs larmes de pétales
Et quand je passerai, naïve, sous leurs branches
Ils jetteront sur moi des poignées de diamants

Mon amour à l'automne lorsque l'été finit
Quand l'aube en frissonnant se lève et se demande
S'il faut donner aux fruits la forme de ta chair
Et poser la pâleur des fleurs sur tes paupières

Mon amour à l'automne lorsque finit la vie
Je fermerai les yeux
Je m'en irai vers toi
Vers toi qui m'as appris à déchiffrer le monde
A briser le soleil sans me brûler les doigts
A chanter pour l'enfant que nous n'aurons jamais
Une chanson d'espoir inerte et sans mesure

La plaine étend son rire et le plat de sa voie

samedi 21 février 2009

lumière


Toi tu seras miroir
Posé sur mes paupières
Miroir calqué sur mon âme de fête
Et la splendeur du monde
L'autre côté de ton visage
Mais ce qu'est la vraie vie
L'amour bleu, l'amour pur, l'amour comme on en rêve
L'amour qui prendra fin
Avec la fin de toutes choses
Et pourtant la lumière
Cette immense tendresse
Ce présent impuissant
L'immunité de mon amour
Car je suis démunie malgré l'immensité de mon amour
S'aimer comme on s'endort au souffle de juillet

vendredi 20 février 2009

hic et nunc

La coupole étrange du monde
Ce corps qui me confine aux limites humaines
Oh le rêve insensé
Si j'avais pu n'être qu'une âme!

le lien


Ecoute, homme aux paupières grises
Ecoute les petits enfants grandir
Ecoute mes éclats de voix
Ecoute mes éclats de rire

Ecoute encore en moi
le mois de mai fleurir

Ecoute en moi le temps gémir
Le temps qui pleure sur mon sourire

Retrouvailles


Des larmes
Dans l'azur

Ton sourire
Dans mon coeur

Ta voix
Dans le silence

Et tes yeux
Radieux
Qui me renvoient l'image
De celle d'autrefois
Que tu pris dans tes bras

Et qui fus moi

hamamélis



Le souffle du printemps effleure tes paupières
tu souris, tu soupires, sur ta tête repose
la couronne d'or tressé de tes cheveux

Sur le saule tu penches la corbeille
exquise ; la fraîcheur de tes bras
noués en corolle, et tu ris

Le souffle du printemps passe à portée
de main ; de tes mains sillonnées des
cercles de la vie. Et tu pleures.

Dis-le, Hamamélis, dis-le à ton
amour ; l'horizon palpitant, les
perles, à tes paupières, l'offrande
pure de ta vie.

Ulysse


Une nuit je t'ai vu courir sous les étoiles
La solitude immense couvrait ton amertume
Y avait-il encore un espoir sous les voiles
Sous les larmes et les flots que recouvrait l'écume
Sous le vent qui soufflait en étouffant tes cris
Et ton coeur qui semblait me fuir à l'infini

Une autre fois j'ai cru que tu venais vers moi
L'espérance était vive et je t'ouvrais les bras
Y pensais-tu mon fils lorsque s'ouvrit le gouffre
Sous le flux de ta voix qui me disait"je souffre"
Sans ce père qui ne m'a jamais dit son amour
Et ce vide, là, en moi, qui grandit chaque jour
Un autre jour enfin tu diras"je reviens"
La lumière entrera comme une aube en nos mains
Y songeras-tu mon fils lorsque viendra ce jour
Sans toi je ne suis rien qu'un aller sans retour
Sans toi mon coeur s'éteint, mais je veux que tu ries
Et ne fasses de ma mort le drame de ta vie.