lundi 9 mars 2009

VIOLAINE


L'automne ouvrit ses bras couleur de crépuscule
L'automne ouvrit ses bras, donna forme à l'histoire
Et sur tes joues d'enfant se dessinaient des soirs
Dorés de brume fine effilochée de lune
L'automne ouvrit tes yeux mon souffle ma saison
L'automne ouvrit tes yeux pour que tu voies l'hiver
Avant que les violons n'enflamment tes paupières
Violette ou violines au gré de ma chanson
Puis sur ton corps d'enfant, sur tes prunelles brunes
L'automne ouvrit son coeur, saoul, saignant de couleurs
Et s'en allant laissa luire sur ma douleur
Un peu d'or sur le soir qu'effilochait la lune

mardi 3 mars 2009

AMETHYSTE


Mêlant l'or de l'aurore à l'effluve des roses
Tu brises les étoiles pour m'en faire un chemin
Tu fleuris en riant la mémoire des choses
Et tu me souffles au coeur des rêves souverains

Et tu me jettes au coeur des parfums des couleurs
Tu sèmes des sourires et des pluies de printemps
Tu sais comme ces pluies ressemblent à mes pleurs
Sur tes paroles plâne un peu de l'air du temps

Ton regard à mes yeux n'est qu'améthyste exquise
Tu te promènes seul au milieu des saisons
Tu poses des soupirs sur mes paupières où gisent
Tout l'or et la moisson solaire de mes chansons

PORTEUR DE LUNES


Mes bras t'ont fait petit porteur de tant de lunes
Quand la mer est captive encore de la lumière
Et le silence doux sur le sable des dunes

Mes bras petit t'ont fait porteur de tant de lunes
Ta chair était ma chair avant d'être lumière
Oiseau bleu sur la mer, petite barque, écume

Enfant, mon tout-petit, mon coeur, mon inventé
Les vents de l'océan déclinent ton regard
Imaginé avant d'avoir été créé

Moi je faisais ta chair avec des mots d'amour
J'aurais donné mes yeux pour que tu voies la mer
Un jour j'ai découpé dans la pêche de l'aube
Un peu de rose et d'or pour fabriquer tes mains

Qui caressent aujourd'hui mon visage

jeudi 26 février 2009

Soleil radieux


Le silence et l'amour sont toute ma musique
L'essence même de ta présence
infinie
Qui finira pourtant
un jour, demain peut-être
Mais il me faut bannir toute tristesse
de cette angoisse exquise
Où suis-je?
Qui suis-je donc ce soir?
Couronnant toutes choses, le ciel sans fond se tait
Et pourtant je suis femme
Riant sous le soleil
Porteuse de promesses
Mais celle de la mort est ma seule certitude

Le chemin


- Te souviens-tu de la colline
et de la roue de ce moulin...
Du petit chemin d'églantine ?
- Quel chemin ?
- Te souviens-tu des herbes folles
que nous foulions à travers champs...
Te souviens-tu de nos vingt ans ?
- Passe-moi donc le journal...
A quelle heure passerons-nous à table?

CREPUSCULE


S'enivrer à foison de la saison sauvage
Offrir comme en prière avec nos mains levées
Les fruits blonds de soleil les paumes dépouillées
Voir s'écarter le ciel accouchant des nuages

Offrir comme en prière avec nos mains levées
Les fruits d'or de l'aurore le feu et l'or hagards
Croiser l'aube rieuse au hasard des regards
Soigner le crépuscule qui saigne au bord du ciel

Croiser l'aube rieuse au hasard des regards
Ce soleil qui rougit mon corps en le souillant
De taches de lumière qui sont taches de sang
L'armer contre l'hiver blafard

mardi 24 février 2009

Epitaphe pour une jeune fille morte


L'amour horizontal éclaire le couchant
Les cerisiers en fleurs ont le mal de la terre
Ils pleureront bientôt leurs larmes de pétales
Et quand je passerai, naïve, sous leurs branches
Ils jetteront sur moi des poignées de diamants

Mon amour à l'automne lorsque l'été finit
Quand l'aube en frissonnant se lève et se demande
S'il faut donner aux fruits la forme de ta chair
Et poser la pâleur des fleurs sur tes paupières

Mon amour à l'automne lorsque finit la vie
Je fermerai les yeux
Je m'en irai vers toi
Vers toi qui m'as appris à déchiffrer le monde
A briser le soleil sans me brûler les doigts
A chanter pour l'enfant que nous n'aurons jamais
Une chanson d'espoir inerte et sans mesure

La plaine étend son rire et le plat de sa voie