jeudi 31 mars 2011

HAMAMELIS poème 1975

Le souffle du printemps
Effleure tes paupières
Tu souris, tu soupires
Sur ta tête repose
Le couronne d'or tressée
De tes cheveux

Sous le saule tu penches
La corbeille exquise
La fraîcheur de tes bras
Noués en corolle
Et tu ris

Le souffle du printemps
Passe à portée de main
De tes mains sillonnées
Des cercles de la vie
Et tu pleures

Dis le, Hamamélis
Dis le à ton amour
L'horizon palpitant
Les perles à tes paupières
L'offrande pure de ta vie

FOLIE poème 1972

Je suis l'envol de la mémoire
Je suis le vent désargenté
Je suis le soleil et les blés
Je suis l'or et le sang du soir

Je suis le pont et la rivière
Je suis cette âme qui se penche
Je suis l'ombre éternelle et blanche
Je suis ta prison, ta prière

Je suis l'eau claire et le pain bis
Je suis l'enfant je suis l'amie
Je suis le soupir et le cri
Je suis la folie de ta vie

mercredi 30 mars 2011

LE PRIX DE LA MEMOIRE poème mars 2011

Sous les eaux du grand lac dort la vallée cachée
Que leurs yeux de vitrail peinent à déceler
Disparus les rochers, disparu le canal
La forêt minérale gît en dessous noyée

Où sont les arbres morts, leurs membres affolés
Leurs troncs évanouis quand ils voulaient crier
Engloutis par les hommes à l'ironie fatale
Qui annula leur force pour mieux la contrôler

Ils restent malgré tout figés dans la beauté
Du sacrifice odieux infligé à l'histoire
De ce pays payant le prix de la mémoire
Massacrée par les hommes et leurs rêves insensés

Le lac est à leurs pieds, sa surface argentée
Se plisse de mille feux miroitant sous la pluie
Comme un fjord ruisselant aux versants escarpés
Sous leurs yeux irisés qui plongent dans l'oubli

TEMPO

Ils sont dans la nuit noire l'un et l'autre serrés
Dans leurs bras enlacés passent des cavaliers
Messagers d'un ailleurs qui retient au galop
Le temps lancé dans un espace flou le flot

De leurs larmes salées signe la délivrance
Dans leur sang communié du fond de leur enfance
Par ce lien qui les tient serrés dans l'exigence
D'un merveilleux chaos et d'un mystère immense

Et la nuit qui se joue des jours multipliés
Leur envoie de la lune le reflet argenté
Qui joue dans leurs cheveux et leurs mains empoignées
Attrapent le silence absolu des rochers

Elle chante elle danse elle joue sa musique
Elle vibre en cadence dans sa grotte magique
Il laisse s'envoler la douceur de sa peau
Mais le temps le retient, le temps est son tempo

mardi 29 mars 2011

LE TEMPS QUI COURT poème mars 2011

Le temps qui nous dépasse et parfois nous oublie
Le temps qui nous enlace et ravage nos vies
Le temps que nul ne voit mais qui nous démunit
Le temps de la tendresse et des amis qui rient

Le temps des souvenirs, des soupirs, des images
Le temps doux de la nuit qui m'emporte en voyage
Le temps de la jeunesse qui s'enfuit avec l'âge
Le temps où nul ne vient pour porter nos bagages

Le temps des coeurs battant sous la pluie des sourires
Le temps des mains qui crient pour ne pas mourir
Le temps fou qui nous prend et parfois nous fait rire
Le temps compté des bras qui nous donnent du plaisir

Ce temps là qui s'en va nous appartient toujours
Je le retrouve intact dans tes mots de velours
Célébrant le mystère de l'éternel retour
Des boucles de la vie brûlant le temps qui court

lundi 28 mars 2011

TRANSES poème mars 2011

Elle est campée sur la terre elle pose
La force tranquille de nos aïeux
Elle est assise malgré ses failles elle ose
Ce que personne n'avait fait avant eux

Elle est signal sacrifice obédience
Elle nous touche à travers les cieux
Dans les siècles où dorment les dieux
Dort la somme de leurs croyances

Elle contemple le monde à travers
Les branches des forêts de poussière
Dans nos voix que hante le silence
Sonnent encore les cris et les transes

Moi qui rêve en la regardant
Tiens debout malgré mes blessures
Comme pour elle mes déchirures
N'altèrent pas la mémoire du temps

TRACES poème 2011

Je suis ce que je suis je ne veux pas changer
Fait-elle d'une voix que l'émotion altère
Pourquoi ne voir le monde qu'à travers la pensée
Mon coeur n'est pas d'ici, je passe sur la terre

Où plongent tes raçines jusqu'à mourir de joie
Je veux lire dans les lignes qui signent nos émois
La trace d'un ailleurs qui nous emportera
Nos sourires nos tendresses nos larmes et nos voix

Je suis ce que je suis et même dans la souffrance
Je veux garder en moi les traces de mon enfance
La clé de ma détresse, le choix de mes errances
Ce qui fait que la vie m'emporte dans sa danse