vendredi 19 novembre 2010

REFLETS poème

Sous les étoiles gisent les robes des fées
La lune fait miroiter leurs doux reflets d'argent
Que le matin brumeux rendra évanescents
Des mille frôlements dont elles ont le secret

Dans la nuit claire scintille l'ombre sur les rochers
Les grands pins me protègent des assauts du vent
L'aurore étincelante pare de ses rubans blancs
L'écran doré des arbres qui cache la vallée

Le roi de la forêt a déserté les tours
De son château de pluie survolé de vautours
La dame des rochers me regarde immobile
Mais je suis seule à voir mon passé qui défile

Reflets salés des larmes qui brouillent mon regard
Pour la beauté d'un monde qui m'est donné si tard
Comme un cantique ancien surgi des temps obscurs
Une autre certitude ancrée dans mon coeur pur

vendredi 5 novembre 2010

L'EMPREINTE poème 2010

J'ai vu dans mon jeune âge le visage d'un ange
Danser dans la lumière des flammes des bougies
Garde les yeux ouverts a fait sa voix étrange
Ne refuse jamais les cadeaux de la vie

J'ai vu dans mon sommeil ses grandes ailes blanches
Frémir et s'envoler dans un bruissement sourd
J'ai cherché dans la nuit son ombre sur les branches
Mais il m'avait laissée, seule, triste, le coeur lourd

Il s'était évanoui sous mes paupières closes
Je l'ai cherché partout au coeur même des roses
Puis perchée sur mon arbre au tronc imaginaire
Je me suis ceint le front d'une couronne de lierre

Et l'ange est revenu veiller sur ma maison
Il vogue dans l'espace, ignore les saisons
Mais je sens sa présence, l'empreinte de son doigt
S'efface de mon visage quand j'éclate de joie

jeudi 4 novembre 2010

MON PAYS poème

Tu m'as ouvert ta porte et j'ai vu ton sourire
Au fond de tes yeux doux qui disait je t'attends
Les éclats de tendresse dans le son de ta voix
Ces gestes qui formaient déjà nos souvenirs
Ces quelques mots fragiles qu'on oublie dans l'instant
Quand ils ne laissent pas de traces sous nos doigts

Je suis entrée chez toi et tu as dit bonjour
Allons nous promener, le temps est clair là-bas
Et tu m'as entraînée sur les chemins jonchés
Des feuilles que l'automne jetaient sur le parcours
Je t'écoutais parler des elfes et des bois
Les lutins se cachaient sous les robes des fées

Je suis rentrée chez moi tu m'as raccompagnée
Tu as dit dans un rire il se fait tard déjà
Je me suis éloignée pour te laisser partir
Le muret m'attendait dominant la vallée
Je m'y suis attardée jusqu'à ce que j'aie froid
Mon pays est ici, j'y veux vivre et mourir

mercredi 3 novembre 2010

PETITE-FILLE poème pour l'aînée de mes petites-filles novembre 2010

Cette petite fille blonde qui dansait devant moi
Cette enfant de mon fils que je tins dans mes bras
Courait sur les chemins lorsque se retournant
Elle me tendit ses mains et me dit en riant

Ton choix est le meilleur, n'écoute pas les méchants
Tous ceux qui te diront que ta vie c'est du vent
Ici est ton bonheur et j'aime ta maison
Le terrier du renard, les pommes de pin, rentrons

Je l'embrassai alors et lui dis mon amour
Elle me dit moi aussi tu sais je t'aime fort
C'était si bon soudain de la sentir encore
Serrée contre mon coeur avec moi pour toujours

L'INSTANT

J'ai laissé tomber les atours
Qui déguisaient mon coeur blessé
Je renonce à vos beaux discours
Je retourne à ma vérité

Je renonce à ces faux-semblants
Qui m'ont éloignée de la terre
Des forêts, des lacs, des étangs
J'ai presque oublié vos colères

Laissez moi vivre dans l'instant
Laissez moi percer les mystères
De l'étrange courbure du temps
Qui s'ouvrent à moi, l'étrangère

MYSTERE poème

J'ai rêvé tout le jour de la forêt profonde
Du bruit sourd de nos pas sur l'herbe du sentier
Recouvert par les feuilles que le soleil inonde
Des mille éclats d'or pur perçant la canopée

De l'épaisse muraille où les cris des archers
Avertissaient les rois qui veillaient sur le monde
Ne restent devant nous que les traces effondrées
D'un formidable et fier chemin de ronde

La fontaine murmure ses secrets oubliés
Sa margelle restera muette comme une tombe
Pourtant j'aurais voulu que sous les châtaigniers
Elle m'explique comment un royaume s'effondre

mardi 2 novembre 2010

DESIR PREMIER poème

je veux retourner dans mon rêve
Je veux retrouver le silence
Celui de l'aube qui se lève
Celui par lequel tout commence

Je veux fuir toutes ces lumières
Cette agitation et ce bruit
Je suis prête à quitter la terre
Et m'envoler vers l'infini

Je veux la saison des prières
L'apaisement donné par la nuit
Retrouver la terre première
Contempler la lune qui luit

Mais où sont mes ailes d'enfant
Cachés où les rires insouciants
Qui reviennent en échos troublants
Inverser la flèche du temps